Défense du 1er mai comme droit social fondamental
Dans le cadre des discussions actuelles en France concernant l’élargissement du travail le 1er mai, le Mouvement démocratique des femmes en Europe (ADKH) souhaite rappeler les enjeux sociaux et historiques liés à cette journée internationale.
En France, le 1er mai est un jour férié au statut juridique spécifique.
Conformément au Code du travail (articles L3133-4 à L3133-6), il constitue :
• un jour férié obligatoirement chômé et payé,
• avec des dérogations strictement limitées aux secteurs indispensables à la continuité des services publics ou aux activités essentielles,
• et une majoration obligatoire en cas de travail effectué.
Ce régime fait du 1er mai une exception parmi les jours fériés en France, en raison de sa portée historique et sociale.
Des propositions actuellement discutées dans le cadre parlementaire visent à élargir les possibilités de travail le 1er mai dans certains secteurs économiques, notamment le commerce de proximité.
Ces discussions s’inscrivent dans une dynamique plus large d’assouplissement du travail les jours fériés.
Ce débat met en tension deux logiques :
• une logique économique, favorable à une plus grande flexibilité du travail dans certains secteurs ;
• une logique sociale et historique, attachée à la protection d’un jour de lutte.
Les organisations syndicales et plusieurs acteurs sociaux alertent sur le risque d’une extension progressive des dérogations, susceptible d’affaiblir la portée protectrice de ce jour.
Le Mouvement démocratique des femmes en Europe (ADKH) souligne que cette question comporte également une dimension d’égalité de genre.
Les secteurs potentiellement concernés sont fortement féminisés :
• commerce et grande distribution,
• hôtellerie-restauration,
• soins et services à la personne,
• nettoyage et emplois de première ligne.
Ces secteurs sont caractérisés par :
• des niveaux de rémunération plus faibles,
• une forte précarité contractuelle,
• la présence de travailleuses migrantes en situation de précarité,
• et des marges de négociation individuelles souvent limitées.
Dans ce contexte, la notion de « volontariat » doit être interrogée au regard des rapports de pouvoir existants dans le monde du travail.
La situation des travailleuses sans titre de séjour peut également accentuer les situations de dépendance et de pression professionnelle.
Le 1er mai est une journée internationalement reconnue comme symbole des droits des travailleur·euses, de la réduction du temps de travail et des luttes sociales.
Toute évolution de son statut s’inscrit dans un débat plus large sur la protection des droits sociaux et la reconnaissance du travail.
Le Mouvement démocratique des femmes en Europe (ADKH) réaffirme son attachement à la protection du 1er mai comme :
• journée chômée,
• journée de mémoire des luttes sociales,
• et journée de reconnaissance internationale des droits des travailleur·euses.
Le Mouvement démocratique des femmes en Europe (ADKH) appelle à :
• préserver le caractère protecteur du 1er mai,
• garantir l’effectivité du droit au repos,
• et intégrer pleinement les enjeux d’égalité de genre dans les politiques du travail.
Mouvement démocratique des femmes en Europe (ADKH)
Coordinatrice européenne – France
Conférence mondiale des femmes
