Resolution de Katmandou en francais

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Résolution de Katmandou20160313_wfk144 Eröffnung

Les femmes vont conquérir les plus hautes montagnes!

Katmandou, le 17 mars 2016

La 2ème Conférence mondiale des femmes de la base s’est tenue du 13 au 18 mars 2016 à Katmandou au Népal sous le slogan « Les femmes gravissent les plus hautes montagnes ». Le 13 mars, 2000 femmes et aussi quelques hommes ont assisté à la manifestation d’ouverture militante. 1300 participantes et participants de 48 pays, y compris plus de 200 Népalaises et Népalais et des bénévoles internationaux, femmes et hommes, ont pris part à cette conférence. Des femmes de 61 pays y ont été directement associées, mais toutes n’ont pas pu se rendre à Katmandou. Le programme d’ouverture a été inauguré par Mme Onsari Gharti Magar, porte-parole du Parlement. Il a été suivi, les 14 et 15 mars, d’ateliers pendant lesquels 560 participantes ont discuté sur 10 sujets centraux du mouvement des femmes.

L’Assemblée générale du 16 et 17 mars a été constituée de 74 déléguées de quarante pays, dont treize pays d’Afrique (5*), huit pays d’Asie (4*), treize d’Europe (12*), quatre du Proche et Moyen-Orient (4*) et deux d’Amérique latine (9*). [(*) : Les chiffres avec astérisque indiquent le nombre de pays représentés à la 1ère CMF.]

Pendant la 2ème Conférence mondiale des femmes, les jeunes femmes – ainsi que des jeunes hommes brigadistes bénévoles – se sont portées garant de l’avenir du mouvement des femmes.

De plus en plus de femmes de la base et d’organisations de femmes s’engagent à lutter contre des structures patriarcales, contre l’impérialisme et pour la l’émancipation des femmes. Le fondement de la Conférence Mondiale des Femmes qui consiste à s’adresser à toutes les femmes combatives et aux organisations de femmes de la base dans le monde entier, ainsi que le principe de travailler sur la base de la plus vaste démocratie possible, ont contribué à cette évolution.

Cela est particulièrement important, parce qu’avec l’intensification de la crise de l’impérialisme, les défis auxquels le mouvement mondial des femmes est confronté, grandissent. Le fardeau de la crise est mis sur le dos des travailleurs du monde et particulièrement sur le dos des femmes. Le chômage augmente et l’appauvrissement s’aggrave toujours davantage. Les femmes sont les premières touchées par les baisses de salaires, elles sont les premières à être licenciées, et partout dans le monde, elles touchent encore des salaires bien inférieurs à ceux des hommes pour le même travail.

L’Asie traverse une crise profonde, parce que l’impérialisme resserre son contrôle dans la région. Il y règne une très grande pauvreté, le chômage, des expulsions et une oppression croissante de la population travailleuse. Les États, sur ordre des classes dominantes, mettent les riches ressources naturelles de la région à la libre disposition des groupes multinationaux. Ils ouvrent les portes des pays au militarisme, entraînant une guerre contre le peuple et des cas de violence graves contre les femmes. En plus, les coutumes féodales, qui continuent toujours à donner leur empreinte dans de larges parties des pays d’Asie, aggravent la situation des femmes. De manière durable, les femmes sont considérées comme socialement inférieures et elles sont bâillonnées par des milliers de chaînes de coutumes et de traditions. Des milliers de femmes de pays pauvres sont forcées de quitter leur pays, elles sont nombreuses à devenir travailleuses migrantes dans les pays du Golfe. Elles souffrent de la torture d’être loin de leur maison ; leurs droits humains sont violés. Les domestiques migrantes doivent travailler comme des esclaves, en particulier dans les pays du Golfe. Tous les jours, des centaines d’entre elles sont rapatriées dans des cercueils.

Au Proche et Moyen-Orient, la lutte éclate entre les forces impérialistes pour redessiner la région selon leurs propres intérêts. Depuis plus d’un siècle, les femmes, leurs enfants et leurs hommes souffrent de l’impact de la guerre. Maintenant, le groupe État islamique mène une guerre systématique contre les femmes, surtout contre les mouvements de femmes qui font partie intégrante de la révolution démocratique. Daech vise à anéantir cette révolution. Il ne réduit pas seulement les femmes en esclavages, mais il les assassine systématiquement. Daech est aujourd’hui la menace principale, mais l’intensification de conflits religieux présente aussi un sérieux danger pour toute la région.

En 2011, l’Afrique du Nord a été à la tête du « Printemps Arabe », une soulèvement des masses pour la liberté politique et pour la justice sociale – contre des structures de domination autoritaires. Elle se trouve maintenant dans le collimateur de différentes guerres et d’une extension du fondamentalisme. L’Afrique est devenue, ces dernières années, le foyer du pillage impérialiste. Au dernier siècle, la population africaine a lutté pour se libérer du joug de la domination coloniale. Maintenant, elle est retombée entre les griffes de l’exploitation néocoloniale. Les élites dirigeantes, souvent des laquais de puissances étrangères, leur permettent de piller les ressources de l’Afrique au détriment des peuples.

L’Amérique latine, qui a montré au monde qu’un meilleur système était possible, et qui s’est soulevée courageusement contre le pouvoir de l’impérialisme des États-Unis, connaît à nouveau un essor de la réaction de droite, qui se manifeste dans les résultats électorales au Venezuela et au Brésil.

En Europe, l’égalité juridique et les améliorations dans la vie des femmes ont été acquises par leurs luttes. Mais dans la réalité sociale, la double exploitation et oppression de la masse des femmes continuent d’exister et s’aggravent même. Le mouvement des femmes devient un lien important entre les autres mouvements combatifs. Les femmes qui s’organisent et qui luttent, deviennent souvent la cible de discrimination ou d’attaques anticommunistes. Mais pouvoir surmonter de telles difficultés, a donné encore plus de forces aux femmes combatives d’Europe.

Les crises mondiales ont provoqué une crise internationale d’afflux de réfugiés. Des millions d’immigrants, déracinés de leur domicile dans leur pays d’origine par les guerres d’agression impérialistes, cherchent refuge en Europe. Mais ils sont rejetés par les autorités, en partie maintenus dans des conditions inhumaines et connaissent des violences faites aux femmes. Des dizaines de milliers de réfugiés se sont noyés dans la mer Méditerranée. Les migrants qui ont réussi malgré tout à entrer dans des pays européens, sont souvent rendus responsables des problèmes existants et de la crise de l’UE, qui en résulte.

Dans le monde entier, on assiste à une progression des forces fascistes fondamentalistes de la réaction de droite, qui vise en premier lieu à l’oppression des femmes. D’autre part, de nombreuses femmes sont devenues militantes politiques et se sentent poussées à relever le défi contre le sexisme, le racisme et l’intolérance religieuse. Des mouvements de masses donnent des exemples de solidarité internationale.

Partout dans le monde, l’émancipation de la femme reste un défi. Les structures patriarcales sont défendues par l’impérialisme pour diviser les masses et pour maintenir les femmes soumises. Mais les femmes continuent à renforcer leur mouvement et s’insurgent ! La soif de profit émanant de la propriété privée a engendré l’apparition de la poignée de monopoles dominant et pillant le monde entier. La philosophie du capitalisme est de traiter les femmes comme une propriété privée, affirmant que leur rôle principal doit être de mettre au monde des enfants dans un mariage monogame. En même temps, elle considère que le rôle principal de l’homme dans la société est de faire partie de la production sociale au profit des impérialistes.
Un an avant le centenaire de la révolution russe, on continue à refuser aux femmes l’égalité des chances, des droits égaux, des emplois fixes, un salaire égal pour un travail égal, un rôle important dans la production sociale et plein d’autres droits. Souvent on tente de restreindre des droits déjà acquis par des luttes. Les femmes continuent à être considérées comme une marchandise ; le trafic des femmes et des enfants s’est multiplié les dernières années. La légalisation de la prostitution dans de nombreux pays européens, la perversion des droits des femmes, ont contribué à créer des structures mafieuses qui se servent de la loi sur la prostitution comme bouclier pour exploiter les femmes. Cela se reflète aussi dans les habitudes des troupes dans diverses missions de paix de l’ONU. Dans presque toutes les zones de guerre, on installe des bordels où des jeunes femmes sont contraintes de se livrer à la prostitution, soit par la force ou « volontairement ».

Mais malgré le joug par différentes formes de domination féodales, néocolonialistes, capitalistes ou impérialistes – les femmes se révoltent contre leur double exploitation et oppression et se soulèvent pour leur libération partout dans le monde.

C’est dans ce contexte que la Conférence Mondiale des Femmes remplit un rôle important en mobilisant les femmes combattives de la base et leurs organisations dans le monde entier, en pratiquant la solidarité avec les luttes des femmes dans tous les pays et en évoluant en un mouvement international durable. Cela constitue un défi international à la suprématie de l’impérialisme et des structures patriarcales et renforce le mouvement international des femmes. Et c’est précisément ce que nous avons essayé de faire pendant les dernières années.

Les six jours de la Conférence mondiale des femmes ont bien sûr été un dur travail, mais nous l’avons bien réussi. Depuis la 1ère Conférence mondiale des femmes en 2011 à Caracas au Venezuela, nous avons déjà connu beaucoup de succès. De plus en plus de femmes de différents pays du monde ont participé au niveau international à l’organisation des trois journées d’action et de lutte – le 8 mars, le 1er Mai et le 25 novembre – et se sont interconnectées. Nous nous sommes tenues au courant mutuellement de luttes, d’évolutions et de débats importants dans nos pays. Les femmes ont mutuellement soutenu des campagnes et des luttes : contre la violence accrue faite aux femmes, contre les guerres d’agression, contre les catastrophes environnementales, contre la fermeture d’entreprises et les licenciements, contre l’accaparement des terres…
Le soutien commun de la lutte à Rojava en Syrie était d’une importance particulière, parce que ce n’était pas seulement une lutte contre l’exploitation et l’oppression des femmes, mais un foyer de la lutte mondiale pour la liberté et la démocratie et pour la réalisation de la libération des femmes. Nous avons appris qu’un ennemi d’apparence invincible comme Daech peut être vaincu et qu’une nouvelle société peut être construite. Rojava / Kurdistan est un brillant exemple de ce que les femmes combattives peuvent atteindre, et c’est un modèle de lutte contre les structures patriarcales.

La Conférence mondiale des femmes a développé ses propres structures de coordination et de coopération. Elle a appris d’autres méthodes pour lier ses activités politiques à des initiatives pour son propre financement, réalisant ainsi l’indépendance financière ! Nous avons pu apporter du soutien mutuel et financer toutes les activités de manière indépendante.

La Conférence mondiale des femmes a aussi rencontré des problèmes. Beaucoup de nouvelles tâches et activités sont apparues dans les différents pays et/ou régions, si bien que notre coordination internationale était souvent spontanément mis à l’écart. Parfois, les coordinatrices des régions ou continents ne pouvaient pas travailler de manière continue pour la Conférence mondiale des femmes, ou bien elles se sentaient laissées seules. La nécessité de financer le mouvement croissant des femmes du processus mondial de façon indépendante reste un grand défi.

Nous pouvons tirer de nombreuses leçons du processus de préparation de la deuxième Conférence mondiale des femmes. Ces expériences sont une base solide pour l’avenir. Le slogan « Les femmes gravissent les plus hautes montagnes » a été effectivement réalisé ! D’abord il y a eu la dévastation par le tremblement de terre et ensuite le blocus non officiel et la politique expansionniste du gouvernement indien, qui menaçait la souveraineté nationale du Népal. Les femmes népalaises, en coopération avec d’autres parties de la population, ont dû défendre la souveraineté nationale et l’intégrité de leur pays. L’organisation de la 2ème Conférence mondiale des femmes était sérieusement remise en question. Son financement a été un grand défi. Mais, les femmes énergiques de l’ »Alliance Unie des femmes » (United Womens Alliance) ont surmonté les difficultés en commun avec des efforts internationaux. Tirons des leçons de l’expérience de la deuxième Conférence mondiale des femmes ! Consolidons nos succès et surmontons tous les défis !

Les crises du capitalisme qui vont s’intensifiant, les catastrophes environnementales, les crises économiques et de plus en plus de guerres nous mettront à l’épreuve. Mais ils défient aussi les femmes de la planète de prendre en mains la lutte pour leur avenir. Nous devons davantage discuter et trouver des alternatives ! Pour aiguiser notre regard stratégique, nous avons prévu d’organiser davantage de discussions théoriques, des séminaires et/ou conférences. Une de ces conférences se concentrera sur la libération des femmes. Les Coordinatrices mondiales sont priées de faire le planning d’un tel séminaire prévue entre la deuxième et la troisième Conférence mondiale des femmes. Ce séminaire doit être préparé par les femmes de différents pays.

Nous avons évolué en un mouvement international des femmes de la planète sur la base de nos principes ! Nous travaillons de façon non liée à un parti ! Nous décidons démocratiquement ! Nous sommes indépendantes, mais nous ne nous isolons pas d’autres mouvements ! Nous renforçons notre propre base financière ! Nous apprenons à réfléchir et à travailler toujours en internationalistes ! Nous pratiquons une culture démocratique de débat ! Le plus important critère de notre travail est de réussir ou non à renforcer durablement le mouvement des femmes !

• Développons résolument nos structures pour la coordination mondiale, continentale et régionale et portons-les à un niveau supérieur. Travaillons afin que les femmes de nos pays s’organisent encore mieux !
• Développons notre communication en utilisant tous les moyens techniques, sans négliger les aspects de sécurité !
• Coordonnons nos luttes ! Dans toute lutte, les femmes doivent être sûres qu’elles sont soutenues et que ces luttes seront connues dans le monde entier !
• Développons notre propre identité et notre propre culture. Nous devons aiguiser la conscience des hommes et des femmes contre les structures et modes de pensée patriarcaux.
• Encourageons des exemples d’autodéfense féminine comme réponse efficace et légitime pour les femmes contre toute forme de violence à leur encontre !
• Coopérons avec d’autres mouvements sociaux ; avec les mouvements des ouvriers, des paysans, avec les écologistes, les militants pour la paix, les révolutionnaires, avec les militants contre l’oppression basée sur l’orientation sexuelle, la caste, la couleur de peau, l’origine et la religion – bref avec tous ceux qui luttent pour la libération !
• Cherchons, discutons et trouvons des alternatives à ce système capitaliste ! Il ne peut y avoir un changement radical dans la situation des femmes sans changements radicaux et fondamentaux dans le système politique, économique et social. Le mouvement pour la libération des femmes doit s’unir avec la lutte pour des changements sociétaux fondamentaux.
• Développons-nous en un mouvement combatif des « femmes de la planète » qui coopère en continu, de manière efficace et avec une vision sociétale.
• Renforçons les jeunes femmes dans leur détermination de se porter garant en tant que « jeunes femmes de la planète » de l’avenir du mouvement des femmes !

Nous nous laisserons guider par les succès des trois journées d’action et de lutte, et nous nous réjouissons à l’avance de la prochaine Conférence Mondiale des Femmes en cinq ans, en 2021, sur un autre continent !

Les femmes de la planète vont conquérir les plus hautes montagnes !

Nous allons construire une société, où les femmes ne seront ni discriminées, ni exploitées, ni opprimées !

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